Le carnet de route · les petits frits

Samoussa ou nem, la différence samoussa et nem :quelles différences entre les deux stars de la friture de rue ?

Le triangle ou le rouleau ? Tous deux frits, tous deux croustillants, tous deux mangés avec les doigts… et pourtant presque tout les sépare. Comparatif point par point, du plus visible au plus subtil.

  • 3côtés pour le samoussa
  • 2mondes culinaires
  • 8différences passées au crible

En un coup d'œil

En un coup d'œil : le tableau comparatif

Huit critères, du plus visible au plus subtil. Si tu ne devais lire qu'un bloc, ce serait celui-ci.

CritèreSamoussaNem
FormeTriangle, poche fermée sur trois côtésCylindre serré, fermé aux deux extrémités
PâteFeuille de blé : pâte à samoussa, brick ou type filoGalette de riz (bánh tráng) réhydratée
Farce typeViande hachée ou légumes, pommes de terre, petits poisPorc ou poulet haché, vermicelles de riz, champignons noirs, carotte, oignon
ÉpicesCumin, coriandre, garam masala selon les traditionsPeu d'épices : poivre, ail, échalote, nuoc-mâm
CuissonFrit (parfois cuit au four dans les versions maison)Frit, idéalement en deux temps
OrigineAsie centrale et Perse, puis Inde et océan IndienVietnam : nem rán au Nord, chả giò au Sud
AccompagnementMangé tel quel, à la mainEnroulé dans une feuille de salade avec menthe et coriandre
SauceChutney à la menthe ou au tamarin, sauce pimentéeNước chấm, sauce claire au nuoc-mâm

Pour résumer : le samoussa est un chausson triangulaire en pâte de blé, à la farce sèche et parfumée d'épices du sous-continent indien ; le nem est un rouleau vietnamien en galette de riz, à la farce plus juteuse et peu épicée, qu'on mange enroulé dans des herbes fraîches avec une sauce claire au nuoc-mâm.

La friture les rapproche, tout le reste les éloigne. Et c'est précisément pour ça qu'ils font une si belle paire dans une même assiette : deux croustillants qui ne se ressemblent pas.

Le plus visible

La forme : le triangle contre le cylindre

Le pliage en triangle du samoussa

Le samoussa se reconnaît de loin : trois côtés, trois pointes, un ventre bombé. Ce triangle n'est pas qu'une coquetterie. Il permet de fabriquer une petite poche entièrement fermée, où la farce est enfermée de tous côtés sans qu'aucune ouverture ne laisse entrer l'huile. Chaque pli superpose plusieurs épaisseurs de pâte, ce qui renforce les bords et donne ces arêtes bien croustillantes qu'on attaque en premier.

Cette forme va de pair avec une farce plutôt sèche. Une garniture trop humide détremperait la pâte de blé et ferait éclater les coins dans la friture. La poche triangulaire et la farce sèche fonctionnent donc ensemble : l'une protège l'autre.

Le roulage serré du nem

Le nem, lui, est un cylindre. On dépose la farce en boudin sur le bas de la galette, on rabat les côtés vers l'intérieur, puis on roule serré jusqu'au bout. Résultat : un petit tube fermé aux deux extrémités, de la longueur d'un doigt ou un peu plus. Le roulage serré compte autant que la fermeture : un nem trop lâche se gorge d'huile et s'ouvre à la cuisson.

Ce format allongé n'est pas un hasard non plus : il se glisse facilement dans une feuille de salade et se trempe dans un bol de sauce. On y reviendra plus bas, mais la forme du nem est déjà pensée pour la façon dont on le mange.

Le pliage pas à pas, avec les pièges qui rendent le triangle gras, est détaillé dans notre recette du samoussa maison.

Illustration de nems dorés roulés en cylindre, servis avec salade et herbes fraîches
Le rouleau — un cylindre fermé aux deux bouts

Ce qu'il y a dedans

La farce : épices du sous-continent contre fraîcheur vietnamienne

Ouvre-les en deux et le doute n'est plus permis. Le samoussa sent les épices chaudes, le nem sent l'ail, le poivre et les herbes.

Illustration des spécialités culinaires d'Asie du Sud-Est, carrefour des routes du samoussa et du nem
Les routes — là où les deux se croisent

Deux routes

Deux origines, deux routes

Le samoussa, chausson voyageur

Le samoussa descend du sambusak, un petit chausson farci connu en Asie centrale et en Perse. Porté par les marchands et les cuisines de cour, il s'installe en Inde, où il devient l'un des en-cas les plus populaires du pays, et où il troque volontiers la viande contre les pommes de terre et les épices.

Puis il reprend la route : par les comptoirs commerciaux et les diasporas, on le retrouve en Afrique de l'Est, à La Réunion et jusqu'en Asie du Sud-Est, où il devient le samusa birman et croise son cousin, le curry puff malaisien. Toute cette épopée a son article :

→ l'origine du samoussa, de la Perse à l'Asie.

Le nem, enfant du Vietnam

Le nem est une spécialité vietnamienne. On l'appelle nem rán dans le Nord, autour d'Hanoï, et chả giò dans le Sud, autour d'Hô Chi Minh-Ville. À l'origine, c'est un plat de fête : on le prépare en quantité, en famille, pour le Têt ou les grandes occasions, chacun à son poste entre la farce, le roulage et la friture.

Avec le temps, il est sorti des cuisines familiales pour devenir un incontournable des étals de rue et des petits restaurants, jusqu'à s'imposer en France comme l'un des visages les plus connus de la cuisine vietnamienne.

Pour replacer le nem parmi ses voisins de trottoir, file voir les incontournables de la street food vietnamienne.

Pourquoi on les retrouve côte à côte en France

Chez nous, la cuisine « asiatique » de comptoir et les traiteurs ont mêlé les héritages : nems vietnamiens, samoussas venus de l'Inde ou de La Réunion, beignets chinois, tout s'est retrouvé dans la même vitrine. C'est pratique pour le client, mais c'est aussi là qu'est née la confusion.

Les voir côte à côte n'en fait pas des jumeaux. Ce sont deux voyageurs qui se sont croisés en route, chacun avec son passeport.

Au moment de croquer

Comment on les mange(et avec quelle sauce)

Le nem se mange en kit, le samoussa se mange tout seul. Et chacun a des ennemis jurés.

  1. Une échoppe de street food éclairée de lanternes rouges, où les beignets se mangent sur le pouce
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    Le nem, en feuille et en sauce

    Au Vietnam, on enroule le nem chaud dans une feuille de salade avec quelques herbes, menthe et coriandre, puis on le trempe dans le nước chấm, une sauce claire au nuoc-mâm, citron vert, sucre et ail. Le chaud rencontre le frais, le croustillant rencontre le croquant. C'est tout l'intérêt du nem : il ne se mange presque jamais seul.

  2. Un client montre l'ardoise du menu dans un restaurant animé éclairé de lanternes rouges
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    Le samoussa, à la main

    Le samoussa se suffit à lui-même : on le prend par une pointe et on croque. On peut le servir tel quel, ou l'accompagner d'un chutney à la menthe ou au tamarin, voire d'une sauce pimentée. Pas de feuille de salade, pas de rituel : c'est l'en-cas de marché par excellence.

  3. Une main tient un sac à emporter en kraft devant un restaurant éclairé de lanternes
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    Les erreurs classiques

    Noyer le nem dans la sauce soja : elle écrase le goût de la farce et ramollit la peau, alors que le nước chấm est fait pour ça. Réchauffer un samoussa au micro-ondes : la vapeur ramollit la pâte de blé, qui devient caoutchouteuse. Préfère quelques minutes au four ou à la poêle sèche.

Le nem en kit, le samoussa en solo.味わう道

La famille élargie

Nem, rouleau de printemps, samoussa, curry puff : ne plus tout confondre

Autour de nos deux héros gravitent quelques cousins frits ou frais qui sèment le trouble. Petite typologie express.

Le nem

Rouleau vietnamien en galette de riz, frit, servi chaud. Croustillant bullé, farce de viande et de vermicelles.

Le rouleau de printemps

Même galette de riz, mais pas de friture : il se mange cru, frais et translucide, garni d'herbes, de vermicelles et souvent de crevettes. C'est le gỏi cuốn vietnamien.

Le samoussa

Triangle en pâte de blé, frit, farce sèche et épicée. Héritier du sambusak persan, installé en Inde.

Le curry puff

Le cousin malaisien du samoussa : un chausson en demi-lune, à la pâte plus épaisse et souvent feuilletée, garni d'une farce au curry et aux pommes de terre.

Le duel nem contre rouleau de printemps a déjà son match détaillé : frit ou frais, la différence nem et rouleau de printemps.

Illustration comparant un nem frit et un rouleau de printemps frais
Les cousins — frit d'un côté, frais de l'autre
La salle d'Asian Road à Aix-en-Provence, ses néons rouges, ses lanternes et son comptoir
Le comptoir — là où triangles et rouleaux dorent

Au comptoir d'Asian Road

Samoussa et nem dans la même assiette : le Crispy Road

« Deux croustillants qui ne se ressemblent pas. »

Chez Asian Road, on n'a pas tranché : on a réuni. Le Crispy Road, c'est la ligne croustillante de la carte, avec trois entrées qui se partagent la même assiette : les Nems Poulet (4 pièces), les Nems Veggie (4 pièces) et le Samoussa Bœuf (3 pièces).

Les nems sont du poulet et des légumes parfumés, ou des légumes seuls, roulés puis dorés à la perfection. Le samoussa, c'est du bœuf parfumé aux épices, enveloppé dans une pâte fine et croustillante. Exactement le contraste de ce carnet : le bullé du riz contre le feuilleté du blé.

Le Crispy Road se prend en entrée, à partager, ou en complément d'une box composée d'une base et d'une saveur. Et c'est au 9 rue Laurent Fauchier, 13100 Aix-en-Provence.

Tout le rayon est présenté sur la page le Crispy Road, nems et samoussas à emporter. Envie d'un repas complet ? Il suffit de compléter ta box.

Les trois pièces

Voir le Crispy RoadNous trouver

Questions fréquentes

Samoussa et nem, en clair

Pour aller plus loin

La suite du carnet

Le triangle et le rouleau ont chacun leur chapitre complet dans le carnet : l'histoire du samoussa, sa recette, le geste du nem et son duel avec le rouleau de printemps.

entrées asiatiques à emporter aix-en-provence

Continuer la route

Le mur de néons et les affiches illustrées de la salle d'Asian Road
Le mur — néons de la route