Le carnet de route · escale Vietnam

Street food Vietnam, plats incontournables :le guide du trottoir, de l'aube à la nuit

Au Vietnam, la meilleure table est souvent un tabouret en plastique posé sur le trottoir. Bouillon qui mijote depuis la nuit, baguette croustillante, brochettes sur la braise, herbes jetées à la dernière seconde : voici les plats de rue à connaître, et la façon de les manger comme sur place.

  • 12plats de rue à connaître
  • 1tabouret bas, et c'est tout
  • 24heures sur 24, la rue mange

Avant de s'asseoir

Le trottoir, la plus grande salle à manger du Vietnam

Au Vietnam, manger dans la rue n'est pas un plan de secours ni une affaire de touristes : c'est la façon normale de se nourrir pour une grande partie de la population. À Hanoï comme à Hô Chi Minh-Ville, les trottoirs se couvrent dès l'aube de tabourets bas et de tables minuscules, souvent à hauteur de genou. On s'y installe au coude à coude, on commande d'un geste, et le bol arrive en quelques minutes.

La règle d'or de cette cuisine de rue, c'est la spécialisation. Beaucoup de vendeurs ne préparent qu'un seul plat, parfois depuis des décennies, parfois de génération en génération. Une échoppe fait du phở, celle d'à côté du bún chả, la charrette du coin du bánh mì. Cette spécialisation explique la qualité : quand on répète le même bouillon chaque jour, on finit par le maîtriser parfaitement. Le nom du plat est d'ailleurs souvent écrit en grand sur l'enseigne, ce qui aide à s'orienter.

Autre repère : la fraîcheur. Les herbes, les pousses de soja, les salades et les citrons verts arrivent le matin même, et les stands les disposent en montagne sur la table. On ne sert pas une assiette fermée, on sert une base que chacun complète. C'est cette liberté, et ce rythme rapide, qui fait de la street food vietnamienne l'une des plus appréciées au monde.

C'est cet esprit du trottoir qu'Asian Road transpose à la street food vietnamienne à Aix.

Illustration des spécialités d'Asie du Sud-Est, bols fumants et herbes fraîches sur une table
La table — on complète soi-même

Bouillons de région

Au-delà du phở : les autres soupes de nouilles à connaître

Le phở n'est qu'une porte d'entrée. Chaque région du Vietnam a ses bols, ses nouilles et son bouillon, et la rue permet de les goûter tous.

Point commun de tous ces bols : l'assiette d'herbes, les quartiers de citron vert et les pots de sauces posés sur la table. Aucune soupe vietnamienne n'est vraiment terminée quand elle arrive ; c'est vous qui la finissez à votre goût.

Une box de nouilles fumantes garnie de viande, de piment, d'oignons verts et de sésame
Nouilles et braise — le déjeuner de la rue

La fumée de Hanoï

Bún chả et bún thịt nướng : le porc grillé et les vermicelles

À l'heure du déjeuner, dans les rues de Hanoï, une odeur trahit toujours la même chose : celle du porc qui grille sur le charbon de bois, souvent sur un petit brasero posé à même le trottoir. C'est le bún chả, l'un des plats les plus emblématiques de la capitale. On sert d'un côté un bol de sauce tiède et aigre-douce, à base de nước chấm, où flottent des galettes de porc haché et des tranches de poitrine grillées ; de l'autre, une assiette de vermicelles de riz frais et une montagne d'herbes.

Le geste consiste à prendre une petite portion de vermicelles avec les baguettes, à la tremper dans la sauce avec un morceau de viande et quelques herbes, puis à tout porter à la bouche en une seule fois. On ajoute au passage des lamelles d'ail et de piment, et parfois un nem frit coupé en morceaux, trempé lui aussi dans la sauce.

Dans le Sud, on retrouve la même idée sous la forme du bún thịt nướng : un bol unique où les vermicelles froids sont recouverts de porc grillé à la citronnelle, de salade, d'herbes, de cacahuètes concassées, d'oignons frits, souvent d'un nem, et qu'on arrose soi-même de nước chấm. Froid, chaud, croquant, tendre, sucré, salé : le bún résume à lui seul la philosophie de la cuisine vietnamienne.

Frit ou frais

Nems frits et rouleaux frais : chả giò, nem rán et gỏi cuốn

Les nems sont sans doute le plat vietnamien le plus connu en France, au point qu'on oublie parfois qu'ils ne portent pas le même nom partout dans le pays. Au nord, on dit nem rán ; au sud, chả giò. Il s'agit d'une galette de riz roulée autour d'une farce de porc haché (ou de crabe, de crevette, de légumes), de champignons noirs, de vermicelles de verre, de carotte et d'œuf, puis frite jusqu'à être bien dorée et croustillante.

Dans la rue, on les mange chauds, juste sortis de l'huile, enroulés dans une feuille de salade avec de la menthe et du basilic, puis trempés dans le nước chấm. Ce contraste entre le brûlant et le frais, le croustillant et le croquant, est précisément ce qui fait leur succès.

À ne pas confondre avec le gỏi cuốn, ou rouleau de printemps, qui n'est pas frit du tout. Sa galette de riz est simplement réhydratée, puis roulée autour de crevettes, de porc bouilli, de vermicelles, de salade et d'herbes. On le trempe dans une sauce aux haricots fermentés et aux cacahuètes, ou dans du nước chấm. Frit ou frais : deux gestes, deux plats, et les deux ont leur place parmi les incontournables.

Pour tout savoir sur ce duo, lisez notre guide de la différence entre nem et rouleau de printemps.

Illustration comparant des nems frits dorés et des rouleaux de printemps frais translucides
Frit ou frais — le duo du trottoir

La rue, heure par heure

Street food vietnamienne :chaque plat a son heure

Au Vietnam, la rue suit une horloge précise. Le même trottoir peut servir de la soupe à six heures, du riz grillé à midi et des coquillages à minuit. Suivre l'heure, c'est la meilleure façon de goûter les bons plats.

  1. Une échoppe de street food éclairée par des lanternes rouges dans une ruelle, la nuit
    À l'aube

    Xôi, phở et bánh mì du matin

    Dès cinq ou six heures, les soupes fument déjà. À côté du phở, on trouve le xôi, un riz gluant cuit à la vapeur, garni de haricots mungo, de ciboule frite, de poulet ou de charcuterie, vendu enveloppé dans une feuille de bananier. Et bien sûr le bánh mì à l'œuf, avalé en route vers le travail.

  2. Un client désigne un menu ardoise dans un restaurant animé éclairé par des lanternes rouges
    À midi

    Cơm tấm, bún chả et « cơm bình dân »

    Le déjeuner est rapide. Dans le Sud, on mange le cơm tấm, du riz brisé avec une côte de porc grillée, un œuf, un flan de porc et du nước chấm. Partout, les comptoirs « cơm bình dân » alignent une dizaine de plats cuisinés : on désigne du doigt ce qu'on veut sur son riz.

  3. Un cuisinier fait sauter des nouilles dans un wok au-dessus d'une flamme vive
    Le soir venu

    Bánh xèo, nouilles sautées et ốc

    Quand la chaleur tombe, les woks et les poêles s'allument : bánh xèo qui grésillent, nouilles et riz sautés à feu vif, brochettes grillées. Dans le Sud, les tables se remplissent de coquillages (ốc) sautés à l'ail, au tamarin ou à la citronnelle, partagés entre amis jusqu'à tard.

Le Vietnam se mange à l'heure味わう道

Les autres incontournables

Bánh xèo, cơm tấm, xôi, bánh cuốn : ceux qu'on oublie trop souvent

Le phở et le bánh mì font de l'ombre à d'autres plats de rue tout aussi indispensables. En voici quatre à chercher absolument.

Et sur la route d'Asian Road

Le Vietnam, première escale de la route des saveurs

Des herbes jetées à la dernière seconde, un nem qui croustille, un service vif et chaud.

Asian Road n'est pas un restaurant vietnamien. C'est une street food d'Asie du Sud-Est sans pays fixe, installée au centre d'Aix-en-Provence, qui emprunte à cinq cuisines — Vietnam, Cambodge, Laos, Indonésie, Malaisie — sans en recopier aucune.

Du Vietnam, la route a surtout rapporté un esprit : celui du trottoir. La fraîcheur des herbes posées sur un plat brûlant, le nem qu'on mange du bout des doigts, et cette façon de servir vite et chaud, comme sur un tabouret de Hanoï.

Pour découvrir ce que la route garde de cette escale, direction la page l'escale Vietnam.

L'escale Vietnam

La façade d'Asian Road et son enseigne lumineuse « La route des saveurs » à Aix-en-Provence
Asian Road — la route des saveurs

Questions fréquentes

La street food vietnamienne, en clair

Décoration intérieure d'Asian Road avec enseignes néon rouge et affiches illustrées
La salle — néons de la route

Pour aller plus loin

D'autres étapes du carnet

Le Vietnam n'est que la première escale. Le wok, les nems, la street food et les spécialités de toute l'Asie du Sud-Est vous attendent dans le reste du carnet de route.

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