Le phở, la soupe qui ouvre la journée
Impossible de parler de street food au Vietnam sans commencer par le phở. Cette soupe de nouilles de riz plates, servie dans un bouillon clair et parfumé, est née dans le nord du pays au début du XXᵉ siècle, autour de Hanoï et de la province de Nam Định. On la mange avant tout le matin, au petit-déjeuner, même si on la trouve aujourd'hui à toute heure. Le secret tient dans le bouillon, préparé traditionnellement ainsi :
- On fait mijoter longuement des os de bœuf (ou une carcasse de poulet pour le phở gà), souvent pendant de longues heures, parfois toute la nuit.
- On grille à part oignon et gingembre pour leur donner une note fumée, puis on les ajoute au bouillon.
- On parfume avec des épices sèches : anis étoilé, cannelle, clou de girofle, cardamome noire, graines de coriandre.
- On assaisonne à la sauce de poisson et d'un peu de sucre, et on écume sans cesse pour garder un bouillon limpide.
- Au moment de servir, on verse le bouillon brûlant sur les nouilles et les fines tranches de bœuf cru, qui cuisent directement dans le bol.
Le phở du Nord (phở Bắc) est sobre : un bouillon pur, de la ciboule, un peu de coriandre, et on ajuste avec du vinaigre à l'ail ou du piment. Celui du Sud, qui a voyagé vers Saïgon avec les migrations du milieu du XXᵉ siècle, arrive avec une assiette d'herbes fraîches (basilic thaï, coriandre longue, pousses de soja), des quartiers de citron vert, et des sauces hoisin et sriracha sur la table.
Un conseil pour le manger comme sur place : goûtez d'abord le bouillon nature, avant d'ajouter quoi que ce soit. C'est le travail du cuisinier, et il mérite d'être apprécié tel quel. Ensuite seulement, on ajuste. Baguettes dans une main, cuillère dans l'autre, on alterne nouilles et bouillon, et l'on n'hésite pas à boire le fond du bol.










