Le carnet de route · escale Malaisie

Plats typiques de Malaisie :le guide d'une table métissée

Trois cuisines dans la même rue, parfois dans la même assiette : la Malaisie mange malais, chinois et indien à la fois, et c'est ce mélange qui fait sa table. Du riz au lait de coco du petit matin aux nouilles sautées des marchés de nuit, voici les plats qui la racontent.

  • 3cuisines qui se croisent
  • 12plats à connaître
  • 1rue, mille échoppes

Avant de passer à table

Un pays, trois cuisines : comprendre la table malaisienne

Pour comprendre les plats typiques de Malaisie, il faut d'abord regarder une carte. Posée sur le détroit de Malacca, l'une des routes maritimes les plus fréquentées du monde, la péninsule a vu passer pendant des siècles des marchands arabes, indiens, chinois, puis portugais, hollandais et britanniques. Beaucoup sont restés. Aujourd'hui, la population réunit principalement des Malais, des Malaisiens d'origine chinoise et des Malaisiens d'origine indienne, sans oublier les peuples autochtones de Bornéo, à l'est du pays.

Chaque communauté a gardé sa cuisine, mais aucune n'est restée intacte. La cuisine malaise a emprunté au monde indien ses currys et ses épices sèches ; la cuisine chinoise locale a adopté le piment, le lait de coco et la pâte de crevette ; les cuisiniers indiens musulmans, les « mamak », ont inventé des plats qui n'existent qu'ici. Entre les trois, la cuisine peranakan, aussi appelée nyonya, est née des familles mêlant marchands chinois et femmes de la région : c'est peut-être la plus métissée de toutes.

Résultat : dans une même rue, on peut prendre un petit-déjeuner malais, un déjeuner cantonais et un dîner d'Inde du Sud, et beaucoup de Malaisiens le font sans y penser. Le repas n'obéit pas à un ordre entrée-plat-dessert. On mange du riz ou des nouilles, avec plusieurs accompagnements, souvent à toute heure, et souvent dehors.

Illustration des spécialités culinaires d'Asie du Sud-Est, bols, riz et ingrédients sur une table
La table — trois cuisines, un seul repas

Le garde-manger

Sambal, belacan, santan, pandan : les saveurs de base

Quelques ingrédients reviennent dans presque tous les plats typiques de Malaisie. Les connaître, c'est déjà savoir lire une carte malaisienne.

Ajoutez la citronnelle, le galanga, le curcuma frais, le tamarin (asam), la sauce soja sucrée, les épices sèches venues d'Inde (cumin, coriandre, fenouil, cardamome, cannelle) et les herbes fraîches, et vous avez la palette malaisienne : un aller-retour permanent entre le piquant, le crémeux, l'acide et le sucré.

La rue, du matin au marché de nuit

Hawker centres et pasar malam :la Malaisie se mange dehors

En Malaisie, la cuisine la plus typique ne se trouve pas dans les restaurants mais dans les hawker centres, ces halles couvertes où des dizaines d'échoppes partagent les mêmes tables, et dans les pasar malam, les marchés de nuit qui s'installent chaque semaine dans les quartiers. Trois plats y sont incontournables.

  1. Une échoppe de street food éclairée par des lanternes rouges dans une ruelle, la nuit
    À la nuit tombée

    Le satay, brochettes et sauce cacahuète

    Des brochettes de poulet ou de bœuf marinées au curcuma, à la citronnelle et aux épices, grillées sur des braises qu'on évente à la main. On les trempe dans une sauce aux cacahuètes épaisse et légèrement sucrée, avec des cubes de riz compressé (ketupat), de l'oignon cru et du concombre. La ville de Kajang, près de Kuala Lumpur, en a fait sa spécialité.

  2. Un client désigne un menu ardoise dans un restaurant animé éclairé de lanternes rouges
    À toute heure

    Le roti canai, le pain des mamak

    Une pâte étirée jusqu'à devenir translucide, repliée sur elle-même puis cuite sur une plaque avec un peu de beurre clarifié. Le roti canai arrive feuilleté, croustillant dehors, moelleux dedans, avec un bol de dhal ou de curry pour le tremper. On le commande dans les échoppes mamak, ouvertes souvent tard le soir, voire toute la nuit.

  3. Un cuisinier fait sauter des nouilles dans un wok au-dessus d'une flamme vive
    Devant la flamme

    Le char kway teow, les nouilles au wok

    Des nouilles de riz plates sautées à feu très vif avec des crevettes, des coques, de la saucisse chinoise, des germes de soja, de la ciboule et un œuf. Le secret est le « souffle du wok », ce goût légèrement fumé que seule une flamme très forte et une cuisson de quelques secondes donnent aux nouilles. La version de Penang est la plus célèbre.

La Malaisie se mange sur une table partagée味わう道

Illustration de la street food asiatique, échoppe de rue, wok et bols de nouilles
Les nouilles — une base, toutes les manières

La poêle et le bol

Les nouilles malaisiennes : blé, riz, œuf, toutes les influences

Nulle part ailleurs en Asie du Sud-Est les nouilles ne croisent autant d'influences. Les nouilles de blé, de riz ou à l'œuf sont arrivées avec les communautés chinoises, mais chaque cuisine locale se les est appropriées. C'est une bonne clé de lecture de la Malaisie : une même base, cuisinée à la manière de chacun.

Le mee goreng mamak en est l'exemple parfait. Ce sont des nouilles jaunes sautées au wok par les cuisiniers indiens musulmans, avec du tofu, de la pomme de terre, des œufs, des légumes, une sauce tomate relevée et un filet de citron vert. Des nouilles chinoises, une cuisson au wok, un assaisonnement indien : trois cuisines dans une seule assiette.

Le wantan mee, lui, reste proche de ses origines cantonaises : de fines nouilles aux œufs servies sèches, nappées d'une sauce sombre, avec des raviolis wonton et des tranches de porc laqué. Le hokkien mee de Kuala Lumpur, en revanche, est un plat de nouilles épaisses braisées dans une sauce soja noire, luisante et presque caramélisée. Et le mee rebus, plus malais, noie ses nouilles dans une sauce épaisse à la patate douce.

Toutes ont un point commun : elles sont préparées à la minute, dans un wok ou une marmite qui ne refroidit jamais, et servies en quelques instants. C'est la logique de la street food malaisienne : une échoppe, un plat, un geste répété mille fois.

Mijotés, riz et bouillons

Rendang, nasi kandar, chicken rice : les plats qui se partagent

Au-delà de la rue, quelques plats typiques de Malaisie sont ceux des fêtes et des grandes tablées. Chacun porte la trace d'une communauté.

Autre tradition à connaître : le banana leaf rice des restaurants d'Inde du Sud, où le riz et une dizaine de currys et de légumes sont servis directement sur une grande feuille de bananier. On mange avec la main droite, et on replie la feuille vers soi à la fin du repas pour dire qu'on a bien mangé.

Pour finir sur une note douce

Desserts et boissons : cendol, kuih, teh tarik

En Malaisie, le sucré se grignote à toute heure et se boit volontiers glacé. Coco, sucre de palme et pandan en sont les trois piliers.

Et sur la route d'Asian Road

La Malaisie, dernière escale de la route des saveurs

Pas de pays fixe, pas de chapelle : ce qui marche ensemble gagne.

Asian Road n'est pas un restaurant malaisien. C'est une street food d'Asie du Sud-Est sans pays fixe, installée au centre d'Aix-en-Provence, qui emprunte à cinq cuisines — Vietnam, Cambodge, Laos, Indonésie, Malaisie — ce que chacune fait de mieux.

De la Malaisie, la route a surtout rapporté deux choses : les nouilles, et l'idée qu'une cuisine peut tout mélanger. On ne recopie ni le nasi lemak ni le laksa ; on garde l'esprit du mélange, et on le sert au wok, en quelques minutes, dans une box qu'on compose soi-même : une base, une saveur.

Retrouvez nos inspirations malaisiennes sur la route d’Asian Road.

Pour découvrir ce que la route garde de cette escale, direction la page l'escale Malaisie.

L'escale Malaisie

La façade d'Asian Road et son enseigne lumineuse « La route des saveurs » à Aix-en-Provence
Asian Road — la route des saveurs

Questions fréquentes

La cuisine malaisienne, en clair

Mur décoratif d'Asian Road couvert d'enseignes néon colorées de street food
Le mur de néons — toutes les rues d'Asie

Pour aller plus loin

D'autres étapes du carnet

La Malaisie ferme la marche, mais la route continue : le wok, l'Indonésie voisine, la street food et les spécialités de toute l'Asie du Sud-Est vous attendent dans le reste du carnet de route.

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