Le carnet de route · escale Indonésie

Plats typiques d'Indonésie :le guide d'un archipel à table

Des milliers d'îles, des centaines de peuples, et pourtant une même odeur qui flotte le soir au-dessus des chariots : celle du riz qui saute au wok, des brochettes qui grillent sur la braise et du piment pilé au mortier. Voici les plats qui font l'Indonésie.

  • 17 000îles, autant de nuances
  • 10plats à connaître
  • 1sambal sur chaque table

Avant de passer à table

Un archipel, mille cuisines : comprendre la table indonésienne

Parler de « cuisine indonésienne » au singulier est déjà une simplification. L'Indonésie, c'est un archipel de plus de dix-sept mille îles étiré sur des milliers de kilomètres, entre l'océan Indien et le Pacifique, où vivent des centaines de peuples aux langues et aux traditions différentes. La table de Sumatra n'a pas grand-chose à voir avec celle de Java, et celle de Bali, majoritairement hindoue, ne ressemble ni à l'une ni à l'autre. Ce qu'on appelle les plats typiques d'Indonésie est en réalité un assemblage de cuisines régionales, dont certaines recettes ont fini par voyager dans tout le pays.

Un point commun les relie pourtant : le riz. Comme au Cambodge ou au Vietnam, il est le socle du repas, au point qu'un Indonésien peut avoir l'impression de ne pas avoir vraiment mangé s'il n'en a pas pris. Autour de lui, on dispose plusieurs plats à partager : un légume sauté, une viande ou un poisson, une soupe, des crudités, des chips de crevette (krupuk) et, toujours, une petite coupelle de sambal. Chacun se sert, compose son assiette et mélange le tout à la cuillère et à la fourchette, les deux couverts du quotidien.

Cette cuisine est aussi le fruit de siècles d'échanges. L'archipel a longtemps été le carrefour du commerce des épices : la muscade, le clou de girofle et le poivre en partaient vers le reste du monde. Des marchands indiens, arabes, chinois puis européens y ont laissé des techniques et des ingrédients. Les nouilles et la sauce soja viennent de la diaspora chinoise, certains currys rappellent l'Inde, et le goût pour le sucré-salé s'est ancré à Java. Le résultat est une cuisine généreuse, parfumée, souvent pimentée, où l'on n'a jamais peur de mêler le sucre, le sel et le feu.

Illustration des spécialités culinaires d'Asie du Sud-Est, bols et ingrédients partagés sur une table
La table — on partage, on pioche

Le garde-manger

Kecap manis, terasi, tempeh, lait de coco : les saveurs du garde-manger

Quelques ingrédients reviennent sans cesse dans les plats typiques d'Indonésie. Les connaître, c'est comprendre pourquoi un nasi goreng a ce goût à la fois sucré, fumé et profond.

Ajoutez le sucre de palme (gula jawa), le tamarin, les feuilles de salam (un laurier indonésien), les chips de crevette et les oignons frits parsemés sur presque tout, et vous tenez la palette de l'archipel : sucré, fumé, fermenté, relevé, jamais timide.

La rue, du matin à la nuit

Street food indonésienne :chariots, braises et marchés de nuit

En Indonésie, la cuisine de rue se déplace. Les vendeurs poussent leurs chariots (gerobak) de quartier en quartier, en tapant sur un bol ou une clochette pour signaler leur passage. Trois spécialités résument cette street food.

  1. Une échoppe de street food éclairée par des lanternes rouges dans une ruelle, la nuit
    Sur la braise

    Le saté, brochettes et sauce cacahuète

    De petits morceaux de poulet, de chèvre, de bœuf ou de poisson, marinés puis grillés sur des braises qu'on ventile à l'éventail. On les sert nappés d'une sauce à la cacahuète et au kecap manis, avec des cubes de riz compressé (lontong) et des échalotes crues. Il en existe presque une version par région.

  2. Un client montre du doigt un menu ardoise dans un restaurant animé éclairé de lanternes rouges
    À toute heure

    Le bakso, la soupe de boulettes

    Des boulettes de viande de bœuf, fermes et rebondies, servies dans un bouillon clair avec des nouilles, du tofu frit et des légumes. Chacun l'assaisonne à table de sambal, de kecap manis et de vinaigre. C'est l'un des plats de rue les plus populaires du pays, vendu du matin jusqu'à tard le soir.

  3. Un cuisinier fait sauter des nouilles dans un wok au-dessus d'une flamme vive
    Le soir venu

    Les woks des marchés de nuit

    Quand la nuit tombe, les woks s'allument : nasi goreng, mie goreng, kwetiau goreng (larges nouilles de riz sautées) et martabak, cette crêpe épaisse garnie d'œuf et d'oignon vert ou, en version sucrée, de chocolat, de cacahuètes et de fromage. Flamme vive, cuisson courte, service immédiat.

L'Indonésie se mange au bord de la rue味わう道

Une box de nouilles asiatiques fumantes garnie de viande, de piment et d'oignons verts
Nouilles et bouillons — au wok et à la cuillère

Bouillons, nouilles et légumes

Mie goreng, soto, gado-gado : l'autre visage de l'archipel

Les nouilles tiennent une grande place dans la cuisine indonésienne, héritage des communautés chinoises installées depuis des siècles dans l'archipel. Le mie goreng en est la star : des nouilles de blé sautées au wok avec un bumbu, du kecap manis, des légumes, un peu de viande ou de crevette, et souvent un œuf. C'est le cousin du nasi goreng, avec le même équilibre sucré, salé et fumé. Sa version aux larges nouilles de riz s'appelle kwetiau goreng.

Le soto, lui, est la grande famille des soupes indonésiennes. Chaque ville revendique la sienne. Le soto ayam, au poulet, est la plus répandue : un bouillon jaune parfumé au curcuma et à la citronnelle, avec du poulet effiloché, des vermicelles, un œuf dur, des pousses de soja et des oignons frits, relevé à table de citron vert et de sambal. Certaines versions sont claires, d'autres enrichies au lait de coco.

Enfin, le gado-gado montre que la cuisine indonésienne sait aussi être végétale. C'est une assiette de légumes blanchis et crus (chou, haricots verts, pousses de soja, pomme de terre, concombre), accompagnée de tofu, de tempeh, d'œuf dur et de cubes de riz compressé, le tout nappé d'une généreuse sauce à la cacahuète. Son cousin, le pecel, s'en approche avec une sauce plus pimentée. Des plats complets et colorés, qui prouvent qu'on peut manger indonésien sans viande.

Pour finir sur une note douce

Desserts et douceurs indonésiennes

En Indonésie, les douceurs se grignotent à toute heure, achetées dans la rue ou au marché. Riz gluant, coco, pandan et sucre de palme en sont les ingrédients rois.

Et sur la route d'Asian Road

L'Indonésie, quatrième escale de la route des saveurs

Le feu d'abord, le reste suit.

Asian Road n'est pas un restaurant indonésien. C'est une street food d'Asie du Sud-Est sans pays fixe, installée au centre d'Aix-en-Provence, qui emprunte à cinq cuisines — Vietnam, Cambodge, Laos, Indonésie, Malaisie — ce que chacune fait de mieux.

D'Indonésie, la route a surtout rapporté un geste : celui du riz brassé fort au wok, à la flamme, et des oignons frits jetés par-dessus avant de servir, comme sur les chariots de nuit. On ne recopie pas le rendang ni le saté ; on garde l'esprit, et on le sert en quelques minutes, dans une box qu'on compose soi-même : une base, une saveur.

Envie de goûter l'Indonésie à Aix ? La route lui consacre une escale entière, entre riz sauté au wok et oignons frits.

Pour découvrir ce que la route garde de cette escale, direction la page l'escale Indonésie.

L'escale Indonésie

La façade d'Asian Road et son enseigne lumineuse « La route des saveurs » à Aix-en-Provence
Asian Road — la route des saveurs

Questions fréquentes

La cuisine indonésienne, en clair

L'intérieur d'Asian Road avec sa décoration néon, ses lanternes et son comptoir
La salle — néons de la route

Pour aller plus loin

D'autres étapes du carnet

L'Indonésie n'est qu'une escale. Le Cambodge, le wok, la street food et les spécialités de toute l'Asie du Sud-Est vous attendent dans le reste du carnet de route.

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