Le carnet de route · escale Cambodge

Plats typiques du Cambodge :le guide de la table khmère

Coincée entre la Thaïlande et le Vietnam, la cuisine cambodgienne reste la plus discrète de la péninsule. Pourtant, du curry de poisson cuit en feuille de bananier au bœuf sauté au poivre de Kampot, elle a une voix bien à elle : herbacée, fermentée, sucrée-salée, jamais brutale.

  • 1pâte d'épices, le kroeung
  • 10plats à connaître
  • 3repas, riz à chaque fois

Avant de passer à table

Le riz d'abord : comprendre la table cambodgienne

Au Cambodge, on ne demande pas « tu as mangé ? » mais, littéralement, « tu as mangé du riz ? ». L'expression khmère pour dire manger, nham bay, associe le verbe au riz lui-même. Tout part de là : le riz blanc est le socle du repas, et les autres plats — soupe, sauté, poisson grillé, crudités — sont pensés comme ses accompagnements. On ne les mange pas l'un après l'autre, on les partage au centre de la table et on pioche, bouchée après bouchée, avec son bol de riz.

Ce riz vient des rizières qui couvrent une grande partie des plaines du pays, irriguées par le Mékong et par le Tonlé Sap, ce lac qui gonfle de façon spectaculaire à la saison des pluies. Ce même lac fournit l'autre ressource clé de la cuisine khmère : le poisson d'eau douce. On le mange frais, grillé, séché, salé et surtout fermenté. Si l'on devait résumer la cuisine cambodgienne en deux mots, ce serait « riz » et « poisson ».

Un repas familial typique réunit ainsi un samlor (une soupe ou un plat en bouillon), un plat sauté ou grillé, des légumes crus ou blanchis, des herbes fraîches et une petite coupelle de sauce à tremper. Le tout arrive en même temps. Il n'y a pas de hiérarchie entrée-plat-dessert : c'est l'assemblage qui fait le repas, et chacun compose son équilibre dans son bol.

Illustration des spécialités culinaires d'Asie du Sud-Est, bols et ingrédients sur une table
La table — tout arrive en même temps

Le garde-manger

Prahok, poivre de Kampot, sucre de palme : les saveurs du garde-manger

Quelques ingrédients reviennent dans presque tous les plats typiques du Cambodge. Les connaître, c'est comprendre pourquoi une sauce khmère a ce goût-là.

Ajoutez à cela le tamarin, le citron vert, les herbes fraîches (basilic, menthe, coriandre, rau ram) et le lait de coco, et vous avez toute la palette de la cuisine cambodgienne : un jeu constant entre fermenté et frais, salé et sucré, acide et doux.

La rue, de l'aube à la nuit

Street food cambodgienne :du petit matin au marché de nuit

Au Cambodge, beaucoup mangent dehors, dès l'aube, sur les tabourets bas des échoppes. Trois plats rythment cette cuisine de rue, qu'on retrouve de Phnom Penh à Siem Reap.

  1. Une échoppe de street food éclairée par des lanternes rouges dans une ruelle, la nuit
    Au lever du jour

    Le bai sach chrouk, porc grillé et riz

    Le petit-déjeuner de référence : de fines tranches de porc marinées (souvent à l'ail et au lait de coco), grillées lentement sur braises, posées sur du riz brisé, avec des pickles de concombre et de carotte et un petit bol de bouillon clair. Simple, rapide, vendu dès cinq ou six heures du matin.

  2. Un client montre du doigt un menu ardoise dans un restaurant animé éclairé de lanternes rouges
    À toute heure

    Le kuy teav, la soupe de nouilles

    Des nouilles de riz plongées dans un bouillon de porc clair, garnies de viande, parfois de crevettes ou d'abats, puis relevées à table de citron vert, de sauce, de piment et d'herbes fraîches. On le compare souvent au phở vietnamien, mais son bouillon est plus léger et plus sucré.

  3. Un cuisinier fait sauter des nouilles dans un wok au-dessus d'une flamme vive
    Le soir venu

    Les sautés au wok

    Quand les marchés de nuit s'allument, les woks prennent le relais : nouilles sautées, riz frit, légumes au poivre, bœuf au gingembre. Le geste est le même que partout en Asie du Sud-Est, une flamme vive et une cuisson courte, mais les assaisonnements restent khmers : sauce de poisson, sucre de palme, poivre.

Le Cambodge se mange sur un tabouret味わう道

Une box de nouilles asiatiques fumantes garnie de viande, de piment et d'oignons verts
Nouilles et bouillons — à la cuillère et aux baguettes

Bouillons et nouilles

Samlor kako, samlor machu, num banh chok : les plats à la cuillère

Le mot samlor désigne les soupes et plats en bouillon qui accompagnent le riz. Le plus célèbre est le samlor kako, qu'on présente souvent comme l'autre plat national. Son nom évoque le fait de remuer : on y mijote un kroeung vert, du prahok, du poisson ou du poulet, et une grande quantité de légumes — aubergines, potiron, haricots longs, feuilles de moringa, fruit de jacquier vert. Il est épaissi par une poudre de riz grillé qui lui donne un goût légèrement toasté.

Le samlor machu, lui, est la famille des soupes acides. Le tamarin, les feuilles aigres ou l'ananas lui donnent une acidité rafraîchissante, équilibrée par un peu de sucre de palme. On le prépare avec du poisson, du porc ou des crevettes, et il se boit autant qu'il se mange, entre deux bouchées de riz.

Enfin, le num banh chok mérite une place à part. Surnommé « nouilles khmères », ce sont des nouilles de riz fines et fraîches, fabriquées à partir de riz fermenté puis pressé, nappées d'un curry vert de poisson léger à la citronnelle, et garnies à volonté de crudités : fleur de bananier émincée, concombre, haricots, herbes, fleurs. Traditionnellement vendu le matin par des marchandes qui portent leurs paniers en balancier, c'est l'un des plats les plus anciens et les plus aimés du pays.

Pour finir sur une note douce

Desserts et douceurs cambodgiennes

Au Cambodge, le sucré se grignote plus qu'il ne clôt le repas. Coco, riz gluant et sucre de palme en sont les trois ingrédients rois.

Et sur la route d'Asian Road

Le Cambodge, deuxième escale de la route des saveurs

Sucré d'un côté, salé de l'autre, jamais au milieu.

Asian Road n'est pas un restaurant cambodgien. C'est une street food d'Asie du Sud-Est sans pays fixe, installée au centre d'Aix-en-Provence, qui emprunte à cinq cuisines — Vietnam, Cambodge, Laos, Indonésie, Malaisie — ce que chacune fait de mieux.

Du Cambodge, la route a surtout rapporté une ligne de goût : celle du sucré-salé, d'un caramel qu'on laisse brunir et qu'on relève de poivre, comme dans les sautés khmers. On ne recopie pas l'amok ni le lok lak ; on garde l'esprit, et on le sert au wok, en quelques minutes, dans une box qu'on compose soi-même : une base, une saveur.

Pour découvrir ce que la route garde de cette escale, direction la page l'escale Cambodge.

L'escale Cambodge

La façade d'Asian Road et son enseigne lumineuse « La route des saveurs » à Aix-en-Provence
Asian Road — la route des saveurs

Questions fréquentes

La cuisine cambodgienne, en clair

Décoration intérieure d'Asian Road avec enseignes néon rouge et affiches illustrées
La salle — néons de la route

Pour aller plus loin

D'autres étapes du carnet

Le Cambodge n'est qu'une escale. Le wok, les nems, la street food et les spécialités de toute l'Asie du Sud-Est vous attendent dans le reste du carnet de route.

blog cuisine asie du sud-est

Continuer la route