Avant de passer à table
Le riz gluant, cœur de la cuisine laotienne
Impossible de parler des plats typiques du Laos sans commencer par le khao niao, le riz gluant. Là où ses voisins mangent surtout du riz blanc à grain long, le Laos a fait du riz gluant son aliment de base. Le pays est d'ailleurs souvent présenté comme celui qui en consomme le plus au monde par habitant. Ce riz n'est pas un accompagnement parmi d'autres : c'est le socle de presque chaque repas, du petit-déjeuner au dîner, et un marqueur d'identité à part entière. On entend parfois les Laotiens se désigner avec humour comme « les enfants du riz gluant ».
Sa préparation est un rituel. Le riz est mis à tremper plusieurs heures, souvent toute la nuit, puis cuit à la vapeur dans un panier conique en bambou tressé, posé au-dessus d'une marmite d'eau bouillante. On le retourne à mi-cuisson pour qu'il cuise uniformément. Une fois prêt, il est transféré dans le tip khao, un petit panier cylindrique à couvercle qui le garde chaud et moelleux pendant tout le repas. Chaque convive a souvent le sien, ou l'on en partage un au centre de la table.
Et on le mange avec les doigts. On détache une petite portion, on la roule dans la paume jusqu'à former une boulette compacte, puis on s'en sert comme d'une cuillère pour attraper un morceau de viande, un peu de salade ou une trempette de sauce. C'est ce geste, plus que n'importe quel ingrédient, qui distingue la table lao. Il explique aussi pourquoi tant de plats laotiens sont secs, hachés ou pilés : ils sont pensés pour être saisis avec une bouchée de riz gluant.